Faites du Dirt, pas des combats de boue !

Avec la pluie et la neige qui tombent en abondance, nous voudrions évoquer un problème qui affecte nos chemins (et notre pratique) chaque hiver : l’état détrempé des pistes. Ne vous méprenez pas, nous aimons aussi la boue, mais parfois on se demande si les conditions que nous rencontrons se prêtent à rouler. Si la boue colle à vos chaussures ou à vos pneus, vous devriez peut-être faire demi-tour. Et parfois, lorsque vous rencontrez une zone boueuse, elle annonce que le reste de la piste ne sera pas meilleur : le plus souvent, la situation ne fait qu’empirer et il serait sage de s’arrêter tant que vous n’êtes pas encore dans la m… !

Bien sûr, il y a boue et boue. Dans certaines régions, les pistes humides sont courantes et font simplement partie du sport. Mais, dans d’autres, les mêmes conditions peuvent avoir un fort impact sur le sentier et votre vélo. La période de l’année, l’exposition ou l’altitude ont un impact sur la façon dont l’humidité et les précipitations affectent les sentiers. Durant l’hiver, ils ont tendance à être gorgés et à retenir l’eau, mettant des jours à sécher après la pluie, contrairement à l’été et au printemps où l’orage en soirée les laissera parfaitement praticables dès le lendemain matin.

Bien sûr, il peut arriver qu’on se retrouve piégé. A la suite de mauvaises circonstances ou d’une mauvaise appréciation, nous nous sommes tous retrouvés dans des situations et sur des pistes que nous n’aurions pas dû emprunter. Nous ne sommes pas ici pour blâmer quiconque ou pour jouer les gardiens des sentiers, mais simplement pour sensibiliser et encourager tout le monde à être des utilisateurs responsables des sentiers. Après tout, ce sont aussi nos sentiers et c’est à nous de les protéger et de les entretenir pour les années à venir, si nous ne voulons pas que d’autres s’occupent de nous en évincer !

Une des réponses que nous entendons couramment concernant la pratique sur les sentiers trempés est : « ils se réparent tout seuls » ou « nos vélos ont des suspensions pour faire face à l’état des sentiers« . Là n’est pas la question. Les dommages et l’érosion des sentiers qui se produisent au fil du temps à la suite d’une utilisation correcte, sont différents de ceux qui se produisent à la suite d’une mauvaise utilisation. Une fois qu’une ornière s’est formée, elle ne fait que s’aggraver du fait des passages répétés et de l’eau, ce qui nécessite des heures de travail pour la corriger. Les virages relevés ou les portions « flow » que nous apprécions tant ne peuvent pas résister longtemps à l’eau, qui emprunte toujours l’endroit le plus fragile du chemin. Les ornières créent des points bas qui emprisonnent l’eau au lieu qu’elle puisse s’écouler dans la pente. Ces ornières se creusent avec le temps, pour former des canaux qui vont piéger votre roue avant et vous faire passer par-dessus le guidon.

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Ci-dessus : Notez le canal au centre de cette piste parfaitement shapée (photo de gauche). S’il n’est pas corrigé, il ne fera qu’empirer, entraînant la formation d’une ornière profonde qui rend le sentier impraticable (photo de droite).

 

Lorsque les sentiers sont mouillés et que des ornières commencent à se former, les gens ont naturellement tendance à les contourner, ce qui élargit le chemin monotrace. L’un des arguments contre le fait de permettre aux vététistes d’accéder aux sentiers est le dommage qu’ils causent aux environnements sensibles. En réalité, lorsque les vélos restent sur le sentier, ils ont très peu d’impact. Ce n’est que lorsque les cyclistes commencent à couper les virages, à contourner des zones humides et à créer leur propre chemin, que de tels dommages se produisent. Restez sur la trace, et lorsque vous rencontrez des portions de sentier mouillés, pensez aux conséquences potentielles de la marche dans la boue. C’est essentiel non seulement pour la durabilité des sentiers, mais aussi pour garantir notre accès aux sentiers en tant que vététistes pour les années à venir.

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Ci-dessus : À gauche, vous pouvez voir les dégâts causés par les personnes qui marchent dans les endroits boueux. Ce qui a commencé comme un sentier monotrace a été élargi par une utilisation inappropriée. Sur la droite, vous pouvez voir le début de l’élargissement du sentier. Avec le temps, ces deux chemins vont se rejoindre et conduire à une nouvelle érosion des pentes et du sentier, rendant finalement le sentier impraticable. N’oubliez pas : restez sur la trace, pour que le singletrack reste un singletrack.

 

Bien que cela ait moins à voir avec les sentiers, ce qui suit devrait tout autant vous inciter à la raison dans votre pratique : il n’y a pas de moyen plus rapide de ruiner votre transmission, vos plaquettes de frein et les joints d’amortisseurs, de fourche et vos roulements, que de les saturer de boue. Certains sols peuvent rapidement se transformer en une pâte semblable à de la colle qui se retrouve dans chaque interstice de votre vélo. Bien que la photo ci-dessous puisse sembler extrême, vous seriez étonnés de voir à quelle vitesse la boue peut s’accumuler, rendant votre vélo impropre à rouler et pesant 10 kg de plus lorsque vous le portez jusqu’à la voiture.

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Ci-dessus : Rouler dans des conditions humides et boueuses ne détruit pas seulement les sentiers, mais tue les transmissions. À moins que vous n’aimiez dépenser quelques centaines d’euros pour changer vos plaquettes de frein, chaîne et joints, et que vous ne vouliez passer votre samedi à nettoyer chaque recoin de votre vélo au lieu de rouler, évitez les sentiers boueux et prévoyez le temps qu’il fera ! Croyez-nous, nous avons vécu cela et c’est tout sauf amusant.

 

Nous savons que demander d’attendre que les sentiers soient secs avant de s’y aventurer n’est pas toujours facile à entendre. Personne n’aime qu’on lui dise quoi faire, surtout dans la nature. Mais, nous vous demandons d’assumer la responsabilité de vos actes et de prendre en compte l’impact potentiel que vous avez, maintenant et à l’avenir.

Pensez-y de cette manière : plus nous consacrons de temps à l’entretien des sentiers, moins nous en avons pour rouler, et plus nous risquons, un jour de ne plus avoir le droit d’y rouler.

Alors adaptez vos sorties, vos parcours, votre façon de rouler et vos trajectoires, à l’état des chemins. Ils n’en resteront que plus fun à rouler pour de nombreuses années !

Article librement inspiré de celui-ci en langue anglaise : Ride Dirt, Not Mud… Why We Close Single Track Trails

Tous droits réservés pour les visuels à Sorba West Georgia.

 

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