Tutos MBF – Idées reçues sur le VTTAE

Les longues sorties estivales étaient de retour ces derniers mois et avec elles leur lot d’idées reçues sur le VTTAE. Nous avons donc décidé de commencer ici une série d’articles sur celles que nous entendons le plus souvent à la MBF et nos réponses à ce qui s’apparente souvent à des stéréotypes dû à une méconnaissance de la pratique.

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L’avènement du VTTAE entraine une sur fréquentation des espaces naturels !

Comme tout un chacun nous avons constaté depuis plusieurs mois un regain d’intérêt pour les activités de pleine nature, entrainant parfois des difficultés d’accès et quelques frustrations (bouchons, parkings saturés, …). Il n’a pas fallu longtemps pour que la pierre soit jetée au VTTAE en tant que dernier arrivé parmi les pratiques de pleine nature. Comme si la stigmatisation d’une pratique pouvait apporter une solution à la protection de la biodiversité.

Il convient tout d’abord de définir ce que l’on entend par sur fréquentation des espaces naturels ? C’est là que nous nous heurtons bien souvent à un « sentiment », une « perception » peu ou pas étayés par des chiffres. Bien qu’il existe aujourd’hui des éco-compteurs qui permettent de déterminer la fréquentation sur un chemin et même de différencier les cycles, des piétons, ils ne sont peu voire pas utilisés par les gestionnaires d’espaces naturels, car couteux.

Voici donc ce que nous savons à la MBF au sujet de l’augmentation de la fréquentation des espaces naturels sur l’été 2020. En Juillet et Août 2020 les stations de montagnes ont constaté une hausse de leur fréquentation comprise entre 20 et 30 % par rapport à la même période l’année précédente (source ANMSM). Dans le Beaufortain sur cette saison estivale 2020 la fréquentation des navettes mises en place gratuitement entre différents villages, villes et stations a augmenté de 38% avec 15 000 utilisateurs transportés dont environ 3900 vélos, soit 26% de la fréquentation totale (source CA Arlysère). Avec ces chiffres, on peut parler d’une augmentation certaine de la fréquentation des stations lors de la saison estivale 2020, mais pas de sur fréquentation qui reste d’ailleurs à définir. A partir de quand parler de sur fréquentation, sur quels critères ?

Nous parlons ici de l’été 2020 en stations de montagne. Mais qu’en est-il du reste de l’année, d’autres sites naturels hors stations de montagne, de la part d’augmentation par pratique et surtout de la part réelle du VTTAE ? Enfin, peut-on réellement évoquer une sur fréquentation d’espaces naturels lorsque l’on mentionne un espace de la taille du massif du Beaufortain, sa fréquentation sur une période de vacances scolaires et sur des sentiers prévus à cet effet ?

A la MBF plutôt que de parler de sur fréquentation due à telle ou telle pratique, nous aimerions évoquer les solutions pour faire face à une demande, il est vrai, en hausse de l’ensemble des usagers. En voici donc quelques-unes : développement durable et responsable du réseau des sentiers, journées d’entretiens collaboratifs, actions de sensibilisation et d’éducation, mise en place de signalétiques positives, promotion de sites méconnus et peu fréquentés, offre de navette et transports en commun pour libérer les axes et zones de stationnements, infrastructures cyclables sécurisées pour un accès directement à vélo …

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Le VTTAE dégrade plus que le VTT !

Là encore la question se pose, de quoi parle-t-on réellement ? Ici c’est souvent l’érosion des chemins qui est mis en avant. Or là encore pas de chiffres, d’études, de photos avant/après, encore moins de mise en perspective face aux autres pratiques (à pied, à cheval, …). Nous travaillons d’ailleurs, à la MBF, activement sur ce sujet pour remédier à ce manque de documentation et nos travaux ne nous indiquent pas de pratique plus dommageable qu’une autre (randonnée, trail, marche nordique, randonnée à cheval…).

Le principal facteur de l’érosion restant les éléments naturels (vent, sècheresse….) et particulièrement le ruissellement de l’eau, surtout lorsqu’il n’est pas maitrisé (fortes pluies, orages, débordement de ruisseaux, coulées …). Nous ne nions pas que le VTT et le VTTAE ont un impact mais celui-ci reste limité et similaire à l’érosion engendrée par les autres pratiques se déroulant sur sentier en nature.

Or lorsqu’il est mis en accusation le VTTAE est plus souvent comparé à une moto qu’à un VTT, avec pour principal point de comparaison un poids et une vitesse plus élevés qu’un VTT. Sur la notion de poids il est bon de rappeler que la différence entre un VTT et un VTTAE est de seulement 10 à 15kg en moyenne alors que la différence de poids entre 2 pratiquants peut être bien supérieure. Si nous nous basons uniquement sur cet argument de poids et que nous prenons pour référence un vététiste de 80kg sur un VTT de 15kg et un vététiste de 70kg sur VTTAE de 25kg, il devient alors difficile de comprendre quel pourrait être la différence d’impact sur le terrain. Pour rappel le poids moyen d’une moto en tout terrain est de 100kg.

Pour ce qui est de la vitesse, il est également bon de rappeler que sur les VTTAE, l’assistance électrique au pédalage est bridée au-delà de 25km/h, la vitesse n’est donc pas supérieure à un VTT classique en descente puisqu’il y a peu de pédalage dans ce cas de figure. En montée, il est vrai que la vitesse peut être supérieure mais l’érosion en VTT étant principalement due à la multiplication des freinages sur fortes pentes, celles-ci ont lieu principalement en descente et non en montée. De plus, il est bon de rappeler que l’assistance électrique sur un VTTAE ne gomme pas les difficultés techniques du terrain et n’apporte pas de compétences de pilotages comme par magie à travers ses divers modes d’assistances (eco, turbo, boost …). De plus, parmi les publics conquis par le VTTAE on retrouve principalement de nouveaux pratiquants ou des pratiquants de longue date cherchant le plaisir plus que la performance. Nous constatons ainsi que la grande majorité des détenteurs de VTTAE abordent les montées sur des chemins type pistes DFCI accessibles également aux véhicules motorisés (ONF, pompiers, …), voire sur des voies goudronnées.

Grâce à cette vision d’ensemble, l’impact en VTTAE apparait finalement dans la moyenne des pratiques de randonnées en nature (à vélo, à pied, à cheval, en courant), ce qui reste parfaitement acceptable aux regard des enjeux liés à la préservation de la biodiversité auxquels nous sommes tous sensibles.

 

Si vous avez des chiffres, études, ou autres documentations sourcés sur les sujets que nous avons abordés ici, n’hésitez pas à nous les faire parvenir. Dans un souci d’objectivité et de multiplicité des sources, nous sommes preneurs de tout élément factuel qui viendraient appuyer, contredire ou questionner notre argumentaire ! info@mbf-france.fr

 

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